La Justice française annule définitivement deux mandats d’arrêt
Dans ce qu’il est conevenu d’appeler “affaire du Joola”, l’association des victimes familles du Joola viennent de subir un véritable revers judiciaire. Avec la confirmation mardi de la Cour de Cassation de Paris de l’annulation, qui devient ainsi définitive, des mandats d’arrêts internationaux prononcés contre deux anciens hauts dirigeants sénégalais après le naufrage du ferry Joola (plus de 1.800 morts en 2002), les victimes devront faire le deuil d’une justice apte à dire le droit dans toute sa rigueur. Ce camouflet pour les avocats des victimes fait suite de la Cour d’Appel de Paris, qui  avait prononcé, le 16 juin, l’annulation de ces mandats d’arrêts délivrés en septembre 2008 à l’encontre de l’ex-Premier ministre sénégalais, Mame Madior Boye, et l’ex-ministre des forces armées, Youba Sambou. La justice avait estimé que ces deux personnes bénéficiaient d’une immunité
liée à leurs fonctions.
Mais l’association des familles de victimes du naufrage du ferry sénégalais
s’était alors pourvue en cassation. Dans un arrêt rendu mardi, la plus haute
juridiction française a rejeté ce pourvoi.
Parallèlement, la Cour de cassation a déclaré irrecevable le pourvoi des
sept anciens responsables de l’armée et de la marine, également visés par des
mandats d’arrêt internationaux dans cette affaire. Ils demandaient à faire
annuler les poursuites contre eux.
La délivrance par le juge Jean-Wilfrid Noël des neuf mandats d’arrêt, dans
le cadre de l’instruction ouverte en France en 2003 après des plaintes de
victimes françaises, avait provoqué la colère des autorités sénégalaises.
Le Joola a chaviré au large de la Gambie le 26 septembre 2002, alors qu’il
reliait Ziguinchor, la principale ville de Casamance, à Dakar.
La catastrophe a fait 1.863 morts et disparus (dont 22 ressortissants
français), selon le bilan officiel, plus de 2.000 selon les associations de
familles de victimes, soit plus que le naufrage du Titanic (1.500 morts).
Seules 64 personnes avaient survécu.
L’enquête ouverte au Sénégal avait conclu à la responsabilité exclusive de
l’équipage et de l’état-major du bateau, disparus dans la catastrophe, et
avait été classée sans suite. Source: AP